Adrien et Pauline

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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 02:51

Rio de Janeiro et Sao Paulo, 2 villes désormais bien connues de tous. La 1ère n'en est pas à ses débuts sur la scène mondiale, elle a même connu le privilège, fut un temps, de porter le titre de capitale. Loin des tumultes de la vie politique, elle se fait une nouvelle jeunesse baskets au pied: Jeux Panaméricains en 2007, Coupe du Monde de Foot en 2014 et JO en 2016. La 2nde est une jeune pousse qui ne cesse de grandir, des dollars scintillants plein les yeux: des immeubles toujours plus hauts et plus grands, des prix qui flambent et des bouchons démesurés.

 

Rio de Janeiro et Sao Paulo ce sont aussi 2 états parmi les 26 que compte le pays. Il suffit de quitter la grande ville, la capitale de l'état comme on la nomme ici, pour plonger la tête la première dans un autre Brésil. Le Black Berry n'y passe pas très bien et tant mieux! On peut le couper et le ranger dans la boite à gants sans remord. La voiture avale les kilomètres, 100, 200, 300, 400, et puis on arrête de les compter. On regarde juste devant nous, nous sommes en WE pour 3 jours!

 

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L'état de Sao Paulo est derrière nous, nous pénétrons l'arrière pays fluminense, c'est à dire de Rio de Janeiro. Centre de beaucoup de convoitise durant de longues décennies avec l'Estrada Real qui acheminait les trésors du Minas Gerais jusqu'à Paraty puis avec la production de café à la fin du 19ème siècle, cette région cache dans ses vallées de superbes vestiges du faste de la grande époque coloniale portugaise. Vassouras, Conservatoria, Valença sont autant d'étape dans cette vale do Paraiba do Sul, qui est aussi la vale do cafe, qui vous invitent à découvrir l'histoire du Brésil, pas celui qui s'écrit aujourd'hui dans les centres financiers de Sao Paulo et qui inonde la presse économique mais celui qui a agité ce pays continent à l'époque où on y arrivait en bateau de toute l'Europe pour y tenter sa chance, la misère étant soit disant moins pénible au soleil.

 

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Pour mieux comprendre les cycles qui ont animé cette région rien de mieux que de visiter une fazenda d'époque. Par le plus grand des hasard, nous nous sommes arrêtés à la Fazenda Vista Alegre. Nous avons été très bien reçus par les propriétaires du lieu qui vous racontent avec beaucoup de détails tout ce qu'a vu et accompagné cette maison au fil des siècles. Tour à tour 1ère école pour enfants d'esclaves du Brésil, puis 1ère fromagerie du pays initiée par un Danois ayant fui la Scandinavie, elle se laisse aujourd'hui parcourir par les curieux qui souhaitent connaitre et comprendre un peu de l'histoire du Brésil. 

 

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Même les écuries construites il y a seulement 15 ans par le dernier propriétaire respectent les codes de l'architecture coloniale portugaise. Pour l'anecdote, quand j'ai passé cette porte, à ma plus grande surprise je suis tombée nez à nez avec un cheval brossé, sellé, guettré, comme s'il m'attendait. Il s'en ait fallu de peu pour que je mette le pied à l'étrier!  

 

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Nous continuons notre route, toujours plus de kilomètres, au mileu des vélos et des Fuscas (VW Coccinelle).

 

Dernière étape, Petropolis, ancienne cité impériale, créée par l'Empereur Don Pedro I et où son fils Don Pedro II venait séjourner pendant l'été pour fuir la chaleur étouffante de Rio.

Avec son palais rose bonbon et ses maisons cossues, il fait bon flaner le long de ses avenues, sur les traces de Stephan Zweig qui l'avait choisie pour dernière résidence. 

 

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A l'écart des circuits touristiques habituels (excepté Petropolis), l'arrière pays fluminense vaut largements les centaines de kilomètres que nous avons parcourus (qui ont d'ailleurs fini par dépasser le numéro à 4 chiffres) et le pneu crevé qui nous a laissé sur le bord de la route pendant une bonne heure du cambouis plein les mains. Nous aurions aimé avoir le double du temps pour nous arrêter dans tous les villages que nous avons traversés à vive allure ou pour passer la porte de toutes les petites églises aux couleurs si pittoresques. En plus d'éteindre notre Black Berry, nous aurions aimé nous défaire de cette montre scellée à notre poignier et incrustée dans un coin de notre tête: plus de présent, encore moins de futur, juste un riche passé à revivre et à apprécier. 

Par Pauline
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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 00:37

Le Brésilien aime la musique et certains de mes collègues se sont bien rendus compte qu'en matière de musique nationale (brésilienne donc) j'avais sacrément besoin d'une remise à niveau! C'est vrai que nous à la maison on est des grands fans de radio metro (www.metro951.com), une radio de Buenos Aires très avant guardiste qui nous fait découvrir plein de nouveautés électro très prisées par nos 4 oreilles (et en ce moment les groupes en provenance d'Australie ont le vent en poupe). Enfin on habite au Brésil et on ne peut pas dire que le pays manque de ressources en termes de production musicale donc concentrons nous sur le home made.

 

Voici mes 2 préférées du moment:

Marcelo Camelo, un carioca, ancien membre d'un groupe de rock qui poursuit maintenant sa carrière en solo. Son dernier album Toque dela propose quelques perles, à écouter à l'excès en regardant la pluie tomber...

 

 

A banda mais bonita da cidade, un groupe tout beau tout neuf de Curitiba qui explose depuis la publication sur internet du clip ci-dessous tourné en 3 coups de cuillère à pot pendant un WE entre amis.

 

 

Allez oubliez les voisins, montez le son et venez nous rendre visite au Brésil!

 

Par Pauline
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Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 23:52

Sécheresse, soleil brulant, doux parfum d'été, de l'autre coté de l'océan vous vivez un printemps hors du commun. Les agriculteurs ne rigolent pas mais pour les citadins ça sent déjà les vacances: on batifole, on regarde le soleil se coucher depuis le pont des arts, on ouvre une énième bouteille de rosé lors d'un pique nique improvisé. Huuuuuuuuum le meilleur de l'année....

Ici c'est le contraire et cette année pas de cadeau! On a froid! Je vous vois déjà sourire: bien faits pour vous les Brésiliens qui passez une bonne partie de l'année à nous narguer avec votre climat tropical. Depuis déjà plusieurs semaines le thermomètre stagne à 15/18° de maximum. Scandale vous dites vous! 15/18° depuis quand c'est froid? 

 

Je vous explique: à Sao Paulo il fait la même température à l'intérieur et à l'extérieur. Si dehors 15 degrés est tout à fait acceptable pour la saison la plus "rude" de l'année", un même petit 15 degrés matinal dans la salle de bain est tout de suite bien moins attractif. Mettez le chauffage voyons! Le quoi? On ne connait pas ici! Glagla glagla.... Alors on a ressorti du dressing les polaires, la couverture d'appoint (pour les soirées télé) et j'ai repris mes livres de cuisine française: chocolat chaud, lentilles, hachis parmentier et soupe d'épinards.

 

J'avais beau pester contre mes factures EDF, ce bon vieux chauffage électrique me manque, surtout le sèche serviettes de la salle de bain qui même au plus profond de l'hiver m'assurait un drap de bain chaud, moelleux et si réconfortant. Alors que dire du feu de cheminée du samedi soir lors d'un WE automnal en Charente....

  

  

Par Pauline
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Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 04:02

Qu'il est loin le temps où tous les 3 mois je discutais à batons rompus avec mes collègues de nos prochaines vacances.

- Ah oui tu vas en Sicile? Et bien moi j'y étais l'été dernier.

- C'est super, je te recommande d'ailleurs le resto de la place du village sur l'ile lambda, poisson frais excfeptionnel!

- Et moi j'ai fait le trekking dans l'arrière pays, les paysages sont à couper le souffle mais prévois un bon coupe vent car des fois ça souffle fort au sommmet.

Etc....etc. etc.....

A nous tous nous rééditions le guide du routard et nous chargions notre subconscient de polaroids hypercolorés pour faire face aux après midis routiniers entre fichier Excel et fichier Excel! Et puis avouons le aussi, le sujet était idéal pour combler tout manque d'inspiration lors d'un énième déjeuner où il fait forcément meilleur rêver à sa prochaine plongée en mer rouge plutôt que de se demander quelle serait la stratégie à adopter pour mettre en place le prochain plan qualité semestriel.

 

Déjà 4 mois et demi que je suis là et je n'ai pas entendu parler une seule fois de ses sacrées saintes vacances. Du coup la semaine dernière pendant un déjeuner je me lance auprès de ma voisine d'en face. Alors les prochaines vacances, tu comptes faire quoi? Voyager? 2 billes noires me dévisagent avec 2 énormes points d'interrogation à la place des pupilles. Mais de quoi elle parle la Gringa (c'est moi qui m'appelle comme ça avec mon grand sens de l'autodérisation)?

Les vacances ici ce n'est pas un droit du salarié ou un besoin de recharger les batteries vite vite vite pour employé au bord de la crise de nerf, c'est plus une option dans un contrat de travail qui vous donne le loisir d'aller éventuellement voir si les burgers américains sont si savoureux ou si Paris est comme on le dit la plus belle ville du monde. Mais les vacances c'est surtout une ressource, que l'on peut stocker et faire fructifier. On accumule, on accumule, et petit à petit on se retrouve avec un petit pactole pour le Brésil: 5 ou 6 semaines de congés à poser d'affilée. Le grand frisson est possible, un sac à dos, une paire de chaussures et nous voilà partie faire le tour de la Nouvelle Zelande ou de cette bonne vieille Europe. Enfin ça c'est une projection made in Pauline. Parce qu'en fait ici, dans ce nouveau self made man country, il faut que ces vacances elles vous rapportent quelque chose. Pour le farniente et la plage, il faut dire que pendant presque la moitié de l'année, ils ont tout ce qu'il faut à 150 kms seulement. Et ce qui est très tendance actuellement c'est d'aller passer plusieurs semaine en formation linguistique accélérée et intensive, la formule "comment devenir bilingue en 25 séances" ou "comment passer 8h par jour dans une salle classe sans fenêtre à enchainer exercices de grammaire puis de pronociation". Exactement de quoi revenir au bureau: la tete bien pleine (ou saturée?), une nouvelle ligne sur son CV et des espoirs plein la tete pour un futur professionnel prometteur et ambitieux.

 

Plus de quoi être surpris donc, des vacances comme ça, moi aussi je passe mon tour!

Par Pauline
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 14:53

Le WE dernier comme vous nous avons eu droit à un WE prolongé, 2 jours fériés (jeudi et vendredi, le1er étant une fête brésilienne "Tiradentes", le 2nd pour Paques). Après un WE complètement loupé au niveau de l'organisation pour le Carnaval qui nous avait valu le grand plaisir de passer 5 jours à Sao Paulo, nous avions à coeur de ne pas louper le coche pour Semana Santa. Nous avions donc planché sur le sujet plusieurs semaines avant et avions choisi le Pantanal dans le Mato Grosso du Sul. Adrien avait le pris le dossier en charge et nous avait ficelé un joli "pacote".

C'était sans compter sans quelques imprévus de dernière minute qui ont bien failli nous couter un WE prolongé de plus à Sao Paulo. Tout d'abord nous devions faire ce voyage à 4, nous avons souffert une défection de notre binome accompagnateur (pour un motif tout à fait recevable et compréhensif néanmoins). Le jour J notre avion programmé à 6h30 nous est passé sous le nez car nous avons péniblement ouvert un oeil à 7h15 (mille mercis Blackberry pour ce bug opportun!!). Après un nouvel achat de billet, nous prenons la route de l'aéroport et voilà que j'oublie les clés de l'appartement dans le taxi (ouf super ouf ce taxi est basé dans notre rue et a pu ramener les clés à notre concierge) et pour cloturer le tout Adrien les mains dans les poches se rend compte qu'il n'a pas sa CB (toujours pas retrouvé à ce jour d'ailleurs).

Malgré cette course d'obstacles effrenée nous voilà dans l'avion pour Campo Grande. Nous pouvons enfin souffler nous avons remporté le match contre la malchance!

 

Arrivés à Campo Grande (capitale du Mato Grosso du sul) il nous faut encore faire 120 kms en pick up pour rejoindre un aéroport de campagne (ce qui au Brésil veut dire une piste en terre!) duquel nous décollerons pour la fazenda où nous allons passer le WE.

 

Pourquoi reprendre l'avion? En fait le Pantanal est une immense plaine au sud de l'Amazonie. Lors de la saison des pluies, les cours d'eau débordent et la région reste noyée sous les eaux pendant plusieurs mois. Par conséquent toutes les routes sont coupées et l'avion devient le seul moyen d'accéder aux fazendas.

 

Nous sautons de la voiture et grimpons dans un petit avion (désolée je n'y connais rien donc pas plus de détails...), le temps presse le soleil décline et notre pilote doit revenir avant la nuit. Quel spectacle nous attend là haut! Nous nous glissons dans la peau de Yann Arthus Bertrand: c'est la terre vue du ciel. Nous survolons pendant 30 minutes le sud du Pantanal. Nous admirons la transhumance des troupeaux (de bovins) au milieu de l'étendue marécageuse et les nuages d'oiseaux qui s'échappent des arbres lorsque nous les dépassons. Derrière la vitre de notre coucou, nous sommes 2 spectateurs hypnothisés par le fabuleux spectacle de la nature. 

 

 

 

Et ce n'est que le début! Le Pantanal est considéré comme l'écosystème le plus dense de la planète tant au niveau de la flore que de la faune. Au cours de nos ballades nous avons eu l'occasion de le constater: crocodile, caipivara, perroquet, vautour, toucan, coati, tatou et j'en passe.....

 

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Sur cette dernière photo c'est le tuyuyu, le symbole du Pantanal. Le plus surprenant c'est que toutes ces photos ont été prises à quelques dizaines de mètres de notre chambre! Oui oui même pour les crocodiles!

 

Notre fazenda c'est barra mansa (www.hotelbarramansa.com.br) une adresse qui nous a été donnée par un ami brésilien. Nous sommes reçus par Daniel et son épouse, à peine plus agés que nous et qui ont fait le pari de conserver l'héritage familial de Daniel. Leurs terres ne leur permettant plus de vivre l'élevage, après leurs études à Curitiba, ils ont décidé de changer de cap et de se lancer dans l'activité touristique. Service personnalisé et d'une grande disponibilité, ils s'emploient à faire du séjour de leurs hotes un moment inoubliable. Bravo pour leur travail et leur détermination! Dans le Brésil en pleine croissance, ils font figure (du moins à mes yeux) de vrais ovnis car ils ont choisi un mode de vie en pleine osmose avec la nature. C'est pas si commun par ici....

 

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Quant à nous il ne nous faut pas longtemps pour nous adapter au rythme local, réveil entre 5h et 6h du matin pour le lever du soleil et le 1er chant des oiseaux, comme si le 1er jour du monde se répétait inlassablement. Ballade à pied, en canoe, à cheval pour apprécier la nature exhuberante avant que le soleil ne se fasse insoutenable.

 

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Une sieste bien méritée après le déjeuner dans un hamac sous les arbres puis une autre sortie en fin d'après midi pour ne pas louper un nouveau show de M. le soleil qui nous offre un vrai festival de couleurs.

 

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A 18h il fait nuit noire et c'est l'heure où les moustiques rentrent en scène. Nous nous réfugions derrière les moustiquaires géantes qui entourent la maison. Là, nous bouquinons, une caipirinha à la main, l'atmosphère est encore chaude et moite. Et on se dit chapeau bas aux aventuriers du 19ème siècle qui ont découvert ces terres riches mais hostiles engoncés dans leur toilette européenne.

 

Ceux qui me connaissent pourraient rétorquer mais Pauline tu as la phobie des oiseaux comment as tu pu supporter? Oui je le concède, j'ai une peur bleue des oiseaux et en particulier de leur bec. Mais les oiseaux du Pantanal c'est la cerise sur le gateau, leur chant rompt le silence de l'immensité; leurs envols en solitaire, en couple ou en tribu sont (pour moi) l'image du monde originel. Et lorsque leur ombre, à la lueur des premiers rayons du soleil, glisse au milieu de ce tableau quasi parfait, la sérennité me gagne.

 

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Par Pauline
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